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Le 21 prairial an CCXXXII

Réparation d'un luxmètre MultiLux ICE

J'ai depuis un bail un luxmètre MultiLux de marque ICE (Industria Costruzioni Elettromeccaniche). Il était inclus avec un chargeur de film 35mm lui aussi non fonctionnel mais visiblement facile à réparer., les deux à une dizaine d'euros en tout.

Le luxmètre a une assez jolie boîte en cuir, avec une lanière cassée que j'ai réparée avec un reste de vieille semelle en cuir. Le bouton pression était facile à fixer mais pas le rivet en bas, sans machine à riveter, mais ça va encore.

Le problème du luxmètre était plus délicat : c'est un appareil construit dans les années 60 qui fonctionne avec une cellule solaire au sélénium. Le principe est le même que les cellules solaires actuelles au silicium, mais avec une durée de vie plus limitée surtout si les conditions de stockage n'étaient pas optimales. Donc après avoir essayé les techniques simples que j'ai pu trouver en ligne (qui consistent en gros à grater un peu au cas où les surfaces seraient oxydées) sans succès, j'ai finalement remplacé simplement la cellule au selenium par une cellule au silicium.

L'appareil est construit de manière à pouvoir remplacer très facilement la cellule existante, deux vis à enlever et la cellule de la taille d'une pièce de monnaie peut se retirer. Les contacts se font par un petit cercle métallique sur l'avant et directement entre la face arrière et le chassis du luxmètre. Seulement, pour remplacer ça par une cellule actuelle il y a quelques modifications à faire :

La polarité des cellules au silicium est l'inverse des cellules au sélenium. Sur une cellule au sélenium, la face arrière est positive et la face avant négative. Pour les cellules au silicium ça peut dépendre, mais dans mon cas c'est le contraire. Et les contacts qui sont si pratiques pour le format de la cellule au sélenium ne marchent pas du tout pour une cellule au silicium basique, qui en plus de ça est carrée et pas ronde.

En plus, les cellules qu'on trouve facilement sont protégées par une couche d'époxy qui les rendent plus épaisse que la cellule d'origine.

Du coup, j'ai pris une cellule souple et fine que j'ai coupée aux ciseaux pour la faire passer. Je n'ai fait aucun calcul pour essayer d'avoir une sensibilité identique, mais je me souviens vaguement que le silicium est un peu plus sensible que le sélenium et que je devrais avoir besoin de moins de surface. Après avoir découpé ma cellule et reconnecté les fils individuels comme un porc, il faut bien l'admettre, je la place dans le réceptacle avec du chatterton un peu partout pour éviter les courts circuits.

Je n'ai pas de photo du montage final (parce qu'une fois la connexion correcte, je n'ai plus osé démonter le truc) mais j'ai dû décoller les fins fils individuels à la surface du panneau et les souder ensemble pour qu'ils fassent contact avec le cercle métallique côté face (dessous sur la photo) du capteur. C'est cette partie-là que j'ai faite très salement.

Côté intérieur de l'appareil, c'est aussi très simple mais les fils d'origine sont coupés donc je les remplace par d'autres, en inversant les polarités. Il y a aussi deux résistances (de 2.7k et 5k) qui servent je suppose à calibrer le truc.

Après essais, bon ça marche mais soit j'ai une surface trop petite, soit j'ai tellement connecté le truc comme un sagouin que ma cellule ne délivre pas vraiment autant de courant que celle d'origine.

Heureusement, il y a ces résistances... et en les enlevant complètement, j'ai en fait quelque chose qui correspond bien à ce que me donne l'application lightmeter que j'ai l'habitude d'utiliser avec mon portable.

L'aiguille elle-même dispose d'un petit levier de calibration, donc j'ai utilisé ça pour régler plus finement, même si tout reste assez approximatif. Je ne sais même pas si la courbe de réponse entre les deux cellule est la même (probablement pas).

Pour l'utilisation de l'appareil, ce n'est pas très intuitif mais ce que je comprends, c'est qu'on doit d'abord régler le petit cadran (avec des valeurs en DIN/SCH/ASA) sur l'ISO (équivalent à ASA) du film qu'on utilise, puis utiliser la molette inférieure (là où c'est écrit "light value") pour faire tourner le second cadran jusqu'à ce que la valeur indiquée entre les deux mentions "Lux" corresponde à ce qu'on lit sur le cadran principal.

Ensuite, on peut lire le temps de pose nécessaire en regard de l'ouverture de l'objectif (sur cette photo : 1/60e à f/4).

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